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THE CLASSIC SCI-FI ULTIMATE COLLECTION

Distribués presque confidentiellement l'année dernière par le circuit des Best Buy, voici revenir par la grande porte un somptueux coffret de 10 films regroupant la fine fleure de la science fiction atomique produite par l'UNIVERSAL dans les années 50. Les cinéphiles les plus acharnés se rappelleront sans doute que la plupart des titres présentés ici avaient déjà fait les beaux jours de la VHS NTSC et du laser disc dans une collection qui avaient marquée les esprits, et c'est donc un plaisir de pouvoir retrouver tous ces films rassemblés aujourd'hui dans un superbe package, et ceci pour un prix relativement raisonnable.
Les films sélectionnés ici sont de qualité inégales et si tous ne présentent pas un intéret majeur, l'ensemble de la sélection se veut malgré tout un solide condensé de ce qui se produisait de plus soigné en matière de séries B fantastiques tournées à la chaîne par les grands studios de l'après seconde guerre mondiale. Tous ces longs métrages, à la réthorique certes un peu routinière, bénéficient donc d'un budget de production correct qui les hisse très largement au dessus d'un bon nombres de nanards de la même époque.

Est-ce utile de le présenter, le joyau du lot se révèle être le mythique et intemporel THE INCREDIBLE SHRINKING MAN de JACK ARNOLD qui allient un scénario astucieux et des effets spéciaux absolument bluffants. Le réalisateur est d'autre part mis à l'honneur avec le très réjouissant TARANTULA (dans lequel on notera la présence d'un CLINT EASTWOOD débutant) et le décevant MONSTER ON THE CAMPUS qui se révèle être du niveau d'une série Z sans grand inspiration. En tant que scénariste, il met également la main à la pâte du très sérieux et très soigné MONOLITH MONSTERS qui reste malheureusement un peu académique malgré un scénario semblant vouloir sortir des sentiers battus.
Au vu du concept "UNIVERSAL 5O'S" affiché par ce coffret DVD, on s'étonne (et se réjouit) de trouver ici le pionnier Dr CYCLOPS, classique de la PARAMOUNT de 1940 (en couleur s'il vous plait !) qui préfigure avec une certaine réussite et un charme naïf ce qui fera le succès de L'HOMME QUI RETRECIT.
THE LAND UNKNOWN, connu chez nous sous le titre plus poétique de L'OASIS DES TEMPETES, n'a pas perdu sa saveur et s'affiche toujours comme une perle kitsch mais savoureusement onirique d'un cinema exotique capable de faire rêver petits et grands.
Avec sa profusion de stock-shots fournis par l'armée américaine, THE DEADLY MANTIS, du toujours très appliqué NATHAN JURAN, souffre d'une mauvaise réputation de film de propagande anti-soviétique. Certains plans crépusculaires et effets spéciaux grand guignols n'en demeurent pas moins impressionnant et méritent donc un revisionnage du film, avec tout le second degré et le recul qui s'impose ici.
Le très délirant et très bricolé THE MOLE PEOPLE, avec le fameux bellâtre de service JOHN AGAR et son patchwork de décors recyclés et de costumes improbables, fit les beaux jours du MYSTERY SCIENCE THEATER. Il demeure aujourd'hui un monument de ringardise très inspiré par l'univers du sérial qui n'engendre vraiment pas la mélancolie...
CULT OF THE COBRA, un mauvais plagiat de LA FELINE, et LEECH WOMAN dont la thématique rappelle un peu SHE, ont le bon goût de flirter avec l'aventure exotique mais s'imposent malheureusement comme les maillons faibles de cette sélection, avec des intrigues trop convenues et des effets spéciaux très limités au service d'historiettes sans véritable suspens.
A défaut de vous faire dresser les cheveux sur la tête, ce coffret vous promet donc 14 heures de fun et d'évasion au pays d'une science-fiction étrange et surannée, un voyage quelque part dans une autre dimension...

THE GLORY STOMPERS

Après King Records, c'est au tour de la MGM associée à Fox de nous gratifier d'une nouvelle édition DVD japonaise de THE GLORY STOMPERS (1967), un des meilleurs films de bikers de cette si glorieuse époque des drive-in.
THE GLORY STOMPERS, véritable reflet de son époque, parvient à synthétiser avec brio en l'espace d'une heure trente tout ce que le genre a pu représenter pour les kids des années 60, en matière d'érotisme body painting, chevauchées motorisées, castagnes de blousons noirs et autres orgies rock'n roll. Pour le charme des go-go danseuses hippies se trémoussant sur les riffs de la guitare fuzz de DAVIE ALLAN, pour le charisme psychotique du méchant de service DENNIS HOPPER ou pour l'esprit savoureusement kitsch et faussement rebel qui se dégage de cette escapade nihiliste, cette production AIP mérite donc de figurer dans la vidéothèque de tous les sales gamins amateurs de culture beatnik qui se respectent. Messieurs les éditeurs, une sortie vidéo américaine ou européenne se fait donc désormais cruellement attendre, pour venir appuyer la distribution de cet import japonais à la qualité irréprochable.

CROWN PICTURES INTERNATIONAL

Nous avions déjà évoqué ici le dépoussiérage du catalogue du distributeur CROWN PICTURES INTERNATIONAL par le label BCI qui nous a valu de découvrir ces derniers mois quelques raretés bien sympathiques de l'âge d'or des Drive-In américains...
Entre les rééditions de beach movies crétins et autres films de pom pom girls délurées produite à la fin des années 70 par la firme couronnée, nous nous devions de signaler pour la forme la réapparition sur le marché de la vidéo de deux teenage-movies que l'on qualifiera d'obscurs curiositées à défaut de pouvoir les cataloguer dans la rubrique des films cultes...
Avec un scénario des plus anémique et une réalisation particulièrement poussive et statique, TRIP WITH THE TEACHER (1975) se révèle en effet malheureusement dès plus ennuyeux, malgré la présence groovy du charismatique ZALMAN KING dans le rôle d'un biker psychotique.

La surprise nous viendrait donc plutôt ici de BEST FRIENDS (1975), un petit road movie initiatique à la photographie particulièrement léchée qui dresse un portrait tout en finesse d'une certaine jeunesse américaine avide de liberté et d'émotions fortes.
Pour la beautée des grandes rocheuses du Colorado entre autres, et aussi par ce qu'un film qui nous présente RICHARD HATCH (de la série GALACTICA) au prise avec une horde d'indiens déchainés dans un bar de go-go danseuses ne peut pas être tout à fait mauvais, le visionnage du premier long métrage du talentueux NOEL NOSSECK (qui signera par la suite le très bon Blaxploitation YOUNGBLOOD) s'impose ici à tous les amateurs de curiosités des années 70.

MACON COUNTY LINE

Qui se souvient aujourd'hui de MACON COUNTY LINE (1973), petite série B estampillée Redneck Exploitation qui, fort d'un certain succès à l'époque dans les drive-in américains, tenta de s'imposer pendant quelques mois au box office comme le digne successeur de BILLY JACK et WALKING TALL ?
Warner Vidéo vient de déterrer assurément là un des plus sombres opus du genre, un drama dépressif et poisseux conçu comme un road movie en fin de course qui voudrait réinventer dans la douleur les codes d'un genre tombé en panne sèche après l'avènement d'EASY RIDER et TWO LANE BLACKTOP.
Embourbé ainsi dans la désespérance, et la noirceur du vieux sud, RICHARD COMPTON dresse un portrait sans concession de l'Amérique rurale du début des années 50 au service d'un véritable réquisitoire contre la violence absurde, la libre circulation des armes à feu et la bigotterie raciste : des thèmes qui n'ont malheureusement pas pris une seule ride plus de trente ans après...
On nottera que les chansons soul folk très pêchues du film sont interprétées par BOBBIE GENTRY, accompagnées ici d'un soundtrack du talentueux STU PHILLIPS.

GRINDHOUSE DOUBLE FEATURE

L'éditeur américain BCI continue de piocher dans le catalogue de feu CROWN PICTURES INTERNATIONAL, un petit distributeur indépendant qui s'était notamment spécialisé dans les seventies dans la production de films de drive-in à petits budgets. L'excellent DVD PICK UP / THE TEACHER nous avait particulièrement enchanté il y a quelques mois... On ne change pas une formule qui gagne, la série continue donc avec son packaging Grindhouse flashy, et ses double-programmes ostensiblement orientés vers le cinéma des teenagers de la côte ouest californienne. Après avoir soigneusement écarté les quelques comédies sexploitation crétines récemment parues dans la collection, nous avons sélectionné deux nouveautés qui nous ont semblé plus intéressantes.
Le binome très inégal THE HELLCATS / CHAIN GANG WOMEN, vaut surtout le détour pour son film de bikers, à condition d'être un inconditionnel du genre, car on est malgré tout bien loin ici d'égaler ce qui s'est fait de mieux dans le Hells Angels movies. Le film de taulards qui complète le programme se révèle quand à lui en revanche très médiocre, malgré une bande son rock blues assez intéressante, et une utilisation intensive du split screen (technique qui consiste à diviser l'écran, pour montrer plusieurs plans en même temps) dès plus curieuse.
La sélection POLICEWOMEN / LAS VEGAS LADY, qui remporte notre préférence, permet de redécouvrir deux incunables du cinéma bis au féminin, dans un format d'image enfin respecté, un détail qui n'est pas négligeable. C'est tout un programme de charme et de choc qui est présenté sur ce second disque, dans lequel on retrouve SONDRA CURRY et JEANNE BELL (TNT JACKSON) se disputant la palme d'or de la plus mauvaise bad girl du nanar kung fu Z, tandis que STELLA STEVENS, entichée de son playboy baroudeur de service, STUART WHITMAN, prépare le casse du siècle dans la célèbre capitale américaine du jeu.
Intello s'abstenir, car on n'a certes pas ici à faire à du grand cinéma d'auteur, mais il est certain que ces deux double programmes à l'ancienne, qui proposent comme à l'habitude, en entracte bonus, une bonne brochette de bandes annonces bien bis, sauront égayer de belles soirées potaches entre potes...